Frank London
New York, 1958
Trompettiste et compositeur américain,
Frank London est l’un des pionniers du renouveau des musiques juives de ces trente dernières années. Formé initialement au jazz et aux musiques « ethniques »,
Frank London découvre le répertoire des musiques yiddish au New England Conservatory de Boston alors qu’il est encore étudiant au milieu des années 1970. Il intègre rapidement le Klezmer Conservatory Band du saxophoniste
Hankus Netsky (où joue également le clarinettiste
Don Byron) et apprend à l’oreille les airs de klezmer. En 1986, il forme avec l’accordéoniste et chanteur
Lorin Sklamberg et la violoniste
Alicia Svigals le groupe
The Klezmatics, dont le nom est une référence au groupe de punk
The Plasmatics. Le clarinettiste
David Krakauer, remplacé plus tard par
Matt Darriau, fait partie de ce groupe qui défraie la chronique en tournant résolument le dos à l’interprétation traditionnelle du klezmer pour chercher à le faire fusionner avec d’autres styles musicaux empruntés au funk, au rock, au jazz et à d’autres musiques du monde. Dès la fin des années 1980, il tourne en Europe, notamment en Allemagne avec ce groupe-clé de la Klezmer Renaissance qui milite également fièrement pour la reconnaissance des droits des minorités sexuelles (deux des piliers du groupe,
Alicia Svigals et
Lorin Sklamberg sont gays). Avec son groupe
Nigunim (en trio avec
Lorin Sklamberg et le pianiste
Uri Caine),
Frank London propose une exploration d’un répertoire qui lui est familier, celui des mélodies hassidiques (
niggunim) composés au XVIII
e siècle et qui visent à établir une communion intense avec le divin.